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11/05/2007

teir barzhoneg e galleg

Setu enta teir barzhoneg bet skrivet genin e galleg, un tammig zo bremañ

A travers la nuit

A travers la nuit j'ai vu la beauté qui luit
Qui s'en va traçant sous les pins sombres son chemin
Elle a secoué l'odeur amie d'un troupeau de fougères
Et béni sur leur tronc les hypholomes amers

Je suis allé suivre ses pas, là, sur les mousses froides
Qui écoutent sans fin dans l'air nu des hivers
Les sages bruissements issus des très vieux chênes
Relayés par les cordes tordues du grand lierre

Dans le sous-bois aux noirs houx, aux chèvrefeuilles
Assis parmi tout cet humus, j'ai attendu
Pour surprendre le regard d'or d'une renoncule
Un matin acide, parmi les branchettes humides

A l'abri de l'ascèse d'un roncier sévère,
Sur un tronc de lande, j'ai contemplé le masque orange de la trémelle
Songeur, la tête caressée par des senteurs de terre
La main agacée par quelques épines

J'ai repris le sentier velu
Sous les talus grouillants de vie
Descendu par les champs aux tiges mouillées
Couru à travers les pâtures

Alors rempli, os et âme, de l'amour des broussailles
J'empoigne la vie humaine et ses contradictions
Et, funambule effeuillant une maigre guitare
Avec sur mon dos un sac d'espoirs, je pars

2004


Invisibilités

C'est la côte des oiseaux qui n'y sont pas
Rêves de sternes que sincèrement on croît reconnaître
Des îlets annihilés comme mes lettres
La brume y verrait
une si belle femme qu'on ne voit pas

C'est la falaise aux râpes qui écorchent parfois
Noirs reflux hélicoptères crépuscules déstabilisants
Là les balises injectent leurs ululements
Le vent y apercevrait
une si gente femme qu'on n'aperçoit pas

C'est l'estran des départs à contre-soi
Heure indûe de l'ombre du regard tournée vers la terre
Soulignage d'algues sur la dramaturgie horaire
L'odeur salée y déchiffrerait
une si vaste femme qu'on ne déchiffre pas

C'est la dune du rire de l'oyat
Musique d'un qui, c'est nécessaire, sera fou
Cordon amoureux de pluviers tenu que d'un bout
Le sable à l'impalpable turgescence y toucherait
une si rose femme qu'on ne touche pas

C'est le quai du flot qui pleure en haut et en bas
Pieds humides se mouvant près des tas de cordes
Et cet esprit qui s'y drape dans son désordre
La jetée y existerait
une si vive femme qui peut-être n'existe pas
2003 ?

Train sous la pluie


Je choisis un coin de campagne aux chemins bien humides,
Un soir bien rempli de nuages,
Dans un bal bien gris de branches nues et noires
De cris isolés, de boue, de hameaux perdus
Autour desquels tombent des gouttes bien anonymes
J'y rajoute un faubourg aux maisons nettement blafardes
Et à la rue principalement vide
J'y plante mon désespoir, sombre comme il est
Bientôt y fleuriront les bouquets de l'homme embourdonnés de mouches d'or

Train entre Quimper et Lorient, 2 03 2006

Commentaires

Setu barzhonegoù a-feson paotr !
kenavo

Ecrit par : christian | 18/05/2007