« anvioù loened ha niveroù | Page d'accueil | Verlaine ha Rimbaud »
17/09/2008
digreskiñ ? décroître ?
Setu ma 'm eus adkavet ur pennad e galleg am boa skrivet n'eus ket ken gwerso-se, àr un tem: saveteiñ ar Blanedenn; ne c'hoarzhit ket; goude bout lennet ma fennad en-dro e kavan gwall sirius ar liv anezhoñ !
J'ai retrouvé un article que j'avais écrit il n'y a pas si longtemps, en français, sur le thème: sauver la Planète. Ne riez pas, le ton de l'article est très sérieux...
Spi am eus n'eo ket àr ar blog c'hoazh, klasket em eus mes n'em eus ket eñ kavet.
J'espère que je ne l'ai pas déjà mis sur le blog; en tout cas j'ai cherché et il ne semble pas y être...
Lennadenn vat !
Bonne lecture !
Décroître
Ce n'est pas facile à imaginer, mais il est clair et on en entend parler en permanence (si on ne met pas de choses dans ses oreilles pour ne pas entendre) du pillage des ressources de la Terre, du changement climatique que l'effet de serre implique, de la diminution des milieux naturels, de la pénurie d'énergie en vue. On commence à le savoir et pourtant, même dans les milieux sensibles à cette problématique, on n'agit pas vraiment en conséquence; pire, on fait en ce moment des choses que nos descendants vont nous reprocher amèrement; par exemple, quand nos descendants se rappelleront des tonnes de kérozène qu'il a fallu pour que tel ou tel individu fasse un voyage express jusqu'en Chine pour X raison; quand ils verront sur photo qu'on illuminait certains magasins toute la nuit , pour personne, … (et là je ne dis que ce qui me vient à l'esprit à l'instant, on peut trouver de bien plus belles horreurs), ils pousseront des hurlements: "Quelle bande de crétins nos ancêtres !"; c'est pour cela je pense que nous serons la risée de nos descendants, si toutefois ceux-ci existent.
Jusqu'ici, nous avions une certaine forme de respect pour nos ancêtres (en dehors du fait que la langue qu'utilisaient certains d'entre eux était considérée comme archaïque et totalement inutile à l'humanité), nous les voyons avec une sorte de bienveillance, ou de condescendance, de tendre moquerie (vu la quantité de travail qu'il leur fallait pour faire la moindre chose que nous faisons maintenant en un clin d'œil, avec toutes nos techniques); mais jamais de haine farouche, nous ne les avons jamais maudits en masse (tel ou tel a peut-être maudit son grand-père, cependant, pour une crasse quelconque qu'il avait fait à la famille dans son jeune temps, mais ceci reste confiné à une famille). Ce sera peut-être différent avec nos descendants. C'est pour cette raison, s'il n'y en a pas d'autre, qu'il serait bon d'enrayer la machine à détruire la planète; l'un des écueils, c'est que le pillage des ressources est depuis un bout de temps inscrit en lettres d'or dans les programmes de nos écoles d'économie, et qu'il a une forte connotation positive (… bien sûr, pas sous l'appellation "Pillage des ressources", mais sous celle, autrement plus sexy, de "croissance").
Notre économie, et je ne vous apprendrai rien, fonctionne massivement sur l'utilisation d'une source d'énergie, le pétrole, qui va se tarir; il y a plein de très bons bouquins (qui j'espère sont lus par les intéressés) qui montrent que notamment l'agriculture est très motorisée et donc dépendante du pétrole, et que par conséquent nous nous trouverons situation très embarrassante quand, avant que la source ne s'épuise, le prix de la denrée va monter en flèche. Ca en prend déjà le chemin.
Notre vie quotidienne repose sur l'utilisation (en tout cas pour ceux qui peuvent se la payer) d'une voiture individuelle, qui consomme beaucoup également (on parle du pétrole, mais il y a aussi tous les matériaux utilisés pour créer ou réparer une automobile). Et comme les médias poussent des hauts cris quand les ventes en diminuent, ça va continuer. Beaucoup de gens éclairés dénoncent l'abus de la dite voiture individuelle; malheureusement certains s'égarent en décrivant la vie avec l'automobile comme un enfer, et l'automobile elle-même comme un monstre laid; or ce serait trop facile de s'en passer si c'était tout à fait le cas. Le problème est justement que bon nombre de fois nous profitons de la liberté il est vrai sensationnelle de pouvoir se déplacer comme bon nous semble à l'aide de cet outil, de voir du paysage, de voir un(e) ami(e) sans se demander à quelle heure il faut repartir, en ayant la possibilité de mettre des choses dans le coffre, d'aller dans des coins perdus…
C'est pourquoi nous avons du mal à l'abandonner, tout en sachant que nous nous approchons du mur. Et ce qui est vrai de la voiture est vrai pour quantité d'autre choses; nous nous sommes adaptés à un mode de vie, qui, en dehors des mochetés ou des aliénations parfois hallucinantes qu'il comporte, nous offre des miracles de beauté, très accessibles ! Par exemple nous avons à disposition de la bonne musique, diverse (si on ne se contente pas des scies de la radio) et en quantités astronomiques ! Tout ce délice des oreilles, il faudra pourtant s'en passer. Nos ancêtres le faisaient. Oui mais eux, ils n'avaient pas connu cette joie, pour nous c'est une autre affaire; et ne pensez pas qu'il s'agisse d'expier, en quelque sorte, tout ce bonheur des sens que (en tout cas pour ceux qui ont un peu d'argent) nous pouvons expérimenter. Il n'y a rien d'impur à écouter des merveilles du rock, suivie par un disque de chant traditionnel, puis de la musique classique indienne. Non, c'est simplement qu'il nous sera matériellement impossible de continuer ainsi !
Il serait souhaitable qu'au moment de considérer le choix à faire, on voie sans se voiler la face tous les avantages que certaines techniques nous procurent, et qu'on compte de l'autre côté quelle quantité de pillage de la planète ces actes de notre vie quotidienne impliquent. Et ensuite abandonner certaines choses sans regret. Le jour où nous aurons enfin compris qu'il faut abandonner certaines choses (si ce n'est pas trop tard), on assistera sans doute à la mise en place d'une idéologie (c'est nous mêmes qui la mettrons en place, ne faites pas les effarouchés) pour nous aider à avancer sur ce chemin, et qui nous fera faire des bêtises sans doute; c'est humain.
Pour finir, je vois que devant les effets du changement climatique, ou les effets de la pollution et autres dégâts que nous occasionnons, nous avons toujours tendance à envisager des solutions techniques, et à les trouver. L'ennui, c'est que pour réaliser ces solutions techniques (exemple: faire une digue pour protéger une ville de la montée des eaux), il nous faudra beaucoup d'énergie (exemple: du pétrole pour les bulldozers qui construiseront la digue), or c'est justement cette énergie qui risque de manquer sous peu. Ce genre de considérations est un peu inquiétant pour tout dire. J'espère que j'ai mis le doigt sur le caractère crucial de la question énergétique. Pour ne pas paniquer, il serait bon de s'unir face à ces problèmes délicats. Or ce n'est pas sûr que nous en prenions le chemin (suivez mon regard, vers le pôle Nord par exemple).
Je vous fais peut-être flipper, mais après tout, c'est normal: c'est flippant.
Décroître.doc
14:50 Publié dans Filozofiezh / Philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : décroissance, richesse, production







