22/01/2009
Ti-post
N'em eus ket kalz a amzer da skriv traoù hir àr an dra-se bremañ, met kas a ran deoc'h traoù ho peus bet lennet c'hoazh marse, diàr-benn afer an ti-post hag ar rener-se en deus diskleriet a-griz-poazh penaos e oa ar brezhoneg ur stromm, ur skoilh, evitoñ, hag e vehe gwell lakaat ar muiañ a anvioù-lec'h e galleg diàr vremañ !!
Kas a ran deoc'h neuze kemenn ar Gerlenn Sten Kidna en Alre, hag ivez al lizher bet kaset get Ofis ar Brezhoneg d'an den-se; rekis eo diskouez hor fall-imur !
"La lecture de la presse locale, samedi matin, réservait une surprise : la Poste, pour des raisons techniques internes, "incite les communes à donner noms de rues et numéros d'habitation aux villages qui n'en ont pas" et "elle recommande de choisir le français plutôt que le breton pour les dénominations" (Le Télégramme, page 9, samedi 17 janvier) ! Yves Amiard, directeur du courrier pour l'Ouest explique que les machines ont quelques difficultés avec la langue bretonne : "Les apostrophes perturbent la lecture optique", explique-t-il en rajoutant : "Ce n'est pas la langue bretonne qui nous gêne mais ces apostrophes".
Les noms de lieux sont le fruit d'une histoire très ancienne, une richesse scientifique et culturelle. Il faudrait y renoncer parce qu'une entreprise ne peut pas s'adapter à la réalité de terrain et demande que ce soit la réalité qui s'adapte à elle ! Alors que les élus du peuple français, sénateurs et députés, ont voté en 2008 un changement de la Constitution française reconnaissant les langues régionales comme "patrimoine de la Nation", des responsables de la Poste, élus par personne, veulent les effacer un peu plus ! Dehors, "er maez", Crac'h et Brec'h : non conformes !
Si la langue bretonne ne gêne pas la Poste, pourquoi n'adapte-t-elle pas son matériel aux réalités régionales ? Pourquoi, par exemple, ne pourrait-elle pas former ses agents aux rudiments de la langue bretonne? La formation professionnelle continue existe dans ce domaine aussi, et ce serait là une attitude vraiment respectueuse de nos spécificités régionales.
Nous suggérons aux élus du pays d'Auray de ne pas suivre ce genre d'injonctions bureaucratiques : et demain à quoi d'autres faudra-t-il se plier ? Faudra-t-il supprimer l'apostrophe en français aussi, ou les accents ? Nous suggérons plutôt aux élus de mettre en valeur la richesse linguistique bilingue du pays d'Auray, tant en ce qui concerne les voies existantes que pour les futurs noms de lieux qu'ils auront à choisir. Et, pour faciliter le travail de la Poste, des facteurs et des factrices, nous encourageons les communes à faire poser des panneaux bilingues, comme certaines le font déjà, et comme le fait le département du Morbihan depuis 2004 sur les routes dont il a la responsabilité. Nous espérons, en tout cas, que La Poste reviendra à une attitude plus respectueuse de la langue bretonne."
Kerlenn Sten Kidna/Cercle Sten Kidna, 6 rue Joseph Rollo, 56 400 An Alré/Auray. Tél. 02.97.29.16.58.
Ha bremañ al lizher bet kaset get an Ofis:
Rennes/Roazhon le 19 janvier 2009
A l’attention de
Monsieur Yves Amiard
Directeur du courrier pour l’Ouest
Objet : réorganisation du tri du courrier
Monsieur le Directeur,
Nous avons été plus que stupéfaits par les propos que vous auriez tenus, rapportés par la presse, concernant la langue bretonne dans le cadre de la réorganisation du tri du courrier. S’ils devaient être confirmés ils témoigneraient d’une bien curieuse conception du service au public.
En effet, la Poste incite aujourd’hui, ni plus ni moins, les communes à éradiquer la toponymie bretonne pour la remplacer par des dénominations françaises. Une des raisons invoquées serait la difficulté à traiter une graphie propre au breton, à savoir la lettre C’H. En réalité, ne serait-ce pas la nature même de nos toponymes qui dérange ? Trop de ker, de bihan et de bras, de izelañ et de uhelañ. Place aux mésanges, aux tournesols et aux pâquerettes !
Alors que le déclin du nombre de locuteurs n’est pas enrayé, la population bretonne, relayée par ses élus, déploie de grands efforts pour assurer un avenir à la langue bretonne. Le Conseil régional de Bretagne a adopté à l’unanimité un plan de politique linguistique en ce sens en 2004.
Le patrimoine linguistique de langue bretonne, partie intégrante du patrimoine immatériel promut de nos jours, est une des richesses majeures de la Bretagne, l’héritage des générations qui nous ont précédé, le cœur de notre identité et une richesse pour l’avenir.
.../...
Il est maintenant évident pour tous que l’héritage linguistique de la Bretagne est un des atouts de notre région dans un monde uniformisé et aseptisé. L’authenticité de notre « paysage linguistique » doit être jalousement préservée et non faire les frais du rouleau compresseur d’un prétendu progrès technique. Les lecteurs optiques ne sont que des machines et n’ont d’intelligence que celle que l’on veut bien y mettre.
Nous demandons instamment à la Direction du courrier pour l’Ouest de revenir à une position raisonnable et de prendre les mesures nécessaires pour le respect de la toponymie bretonne. Dans le cas contraire la prochaine étape sera-t-elle de nous obliger à franciser nos noms de famille afin de parfaire le nettoyage linguistique ? Les Guivarc’h, Guyomarc’h, Calloc'h, Manac’h et autres Floc’h devront-ils tous renier leurs ancêtres et se plier à de soit disant impératifs techniques que l’on veut nous présenter comme un progrès ?
La Poste, comme tous les autres services en Bretagne, doit comprendre que le temps du respect et de la pleine prise en compte de la langue bretonne et des brittophones est venu. Nous attendons un signe d’apaisement rapide de la direction du courrier.
Dans l'attente, veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l’expression de nos salutations les plus distinguées,
Lena Louarn,
Présidente de l’Office de la Langue Bretonne
11:46 Publié dans Politikerezh / Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Poste, Amiard, Vannes, Gwened, PTT, Ofis, Sten-Kidna








