26/05/2008

Langues régionales

Salut à tous ! Salud d'an holl !

Voici une petite note un peu énervée, en français, sur le sujet des langues régionales d'actualité en ce moment...

Un notennig e galleg...



Suite à ce qui s'est passé à l'Assemblée Nationale avec le vote pour rajouter que les langues régionales sont partie du patrimoine de la France, j'ai eu l'occasion d'écouter France Info... c'est la raison pour laquelle je m'exprime en ce moment dans cette note.

Le changement dans l'article 1 (dont on n'est pas sûr qu'il sera confirmé par le Congrès) dit que ces langues font partie du patrimoine français, ce qui est indéniable. L'homme (un universitaire) qui était interviewé disait: mais si on mettait toutes les choses qui sont vraies dans la constitution, on aurait une constitution beaucoup trop longue ! Ce qui est certes vrai également. Ceci dit, la place des langues régionales dans la constitution est plutôt dans l'article 2 !

Or l'homme interviewé trouvait superflu de mentionner ces langues dans la constitution, parce que, disait-il, elles étaient déjà sur-protégées (!) en France; on leur donne déjà trop d'argent (notamment aux livres en breton), elles ont toute leur place dans l'enseignement, etc. Bien sûr, il agitait le risque du communautarisme, de la balkanisation... La rubrique était censée être un débat, mais l'animatrice de France Info poussait dans la même direction que l'invité, voire plus loin ! Par exemple elle lui susurre qu'il y a sûrement des sujets plus importants que les langues régionales.

Bien sûr, les deux étaient d'accord pour protéger ces langues... à condition qu'elles restent dans le patrimoine ! Et de mentionner d'un air goguenard le "breton chimique" : l’invité, en fait, reprochait aux bretonnants de chercher à adapter leur langue au monde actuel, ce qui lui semblait une hérésie ! Il y a des arrières-pensées politiques, disait-il.

La journaliste et l’invité ne peuvent pas imaginer (malheureusement ils ne sont pas les seuls) que le breton s’écarte de la ligne qu’on lui a fixé : l’empaillage.

Ils veulent toutefois honorer les langues régionales, fort bien ! Mais les langues régionales les dérangent en essayant de vivre. Or les langues ne sont un patrimoine que vivantes... les emprunts que le français fait au breton par exemple, ne peuvent se produire que si le breton est bien vivant ; les chansonnettes qu’apprécient ceux qui relèguent le breton au rang de langue purement décorative, elles-mêmes ont besoin que la langue soit vivante derrière, tout ce qu’apporte la langue, elle ne l’apporte que si on la parle et on la lit...

Est-ce que ceux qui disent des discours tels que ce que j’ai entendu sur France Info voient la différence entre le Grand Pingouin (espèce exterminée par l’homme au XIXème siècle) tel qu’il est maintenant dans les musées (quelques reliques) et son aspect d’avant: des oeufs, des jeunes, des adultes, des comportements variés, une évolution, des déplacements... dans quel état le Grand Pingouin est-il le plus riche ?

On est assis sur un homme qui se noie et on lui reproche de se débattre, voir de faire du bruit avec les bulles qu’il fait ! Il ne veut pas accepter joyeusement l’état futur de noyé qui l’attend ? Quel rabat-joie !